• Antoine Msika

Comment fabrique-t-on le rosé ?


Crédit : Roan Lavery sur Unsplash

Voilà, l’été est là, et nous sommes (pour le moment) déconfinés. La saison des barbecues et déjeuners en terrasse est donc officiellement lancée !

Et pour accompagner ces repas entre amis ou en famille, il y a toujours une bouteille de rosé dans les parages.


Si vous suivez le Bon Grain de l’Ivresse, vous devez à peu près savoir ce qui fait qu’un vin est blanc ou rouge (si vous ne le savez pas, on fait un récap juste en dessous). Mais savez-vous comment on obtient un vin rosé ? Non ? On vous explique tout.


Plusieurs couleurs, plusieurs méthodes

Avant toute chose, ce qu’il faut avoir en tête c’est que ce qui donne sa couleur, ce sont deux choses : la couleur du cépage, mais surtout, la façon dont il est vinifié. Pour faire très simple :

  • Le vin blanc est fait à partir de raisins blancs, sans macération : le raisin est pressé puis le jus est directement vinifié.

  • Pour faire du vin rouge en revanche, on utilise des raisins rouges, que l’on laisse macérer en cuve avant d’être vinifiés. C’est ce contact prolongé avec la peau du raisin qui va lui donner sa puissance, ses tannins et sa couleur.


Et le rosé alors ?

Et bien le rosé a cette couleur particulière parce qu’il est fabriqué avec un peu des deux méthodes.

Le rosé est un vin qui est fait avec des cépages rouges. Le plus souvent, en France, vous trouverez du rosé fait avec du grenache, du cinsault ou du pinot noir.

Mais ces cépages connaissent un sort un peu différent que ceux qui deviennent du vin rouge. Il existe plusieurs méthodes pour les transformer en rosé.

La première méthode : la saignée ou macération.

Ici, le principe est de commencer comme si l’on faisait un vin rouge, mais d’extraire le jus de la cuve avant qu’il ne devienne un vin rouge. Concrètement : on presse le raisin et on laisse macérer le jus avec la peau pendant quelques jours, le temps que le vin se teinte. Après, on “saigne la cuve”, c’est à dire qu’on extrait le jus, qui sera vinifié sans les peaux.


La deuxième méthode : le pressurage direct

Ici, on se rapproche d’une vinification de vin blanc. On presse le raisin lentement, en le laissant macérer à peine quelques heures, directement dans le pressoir (et non quelques jours, en cuve, comme dans la saignée), puis le jus obtenu est vinifié. Ainsi, le vin a une légère teinte rosée, plus légère que dans le cas de la saignée.


La troisième méthode, considérée comme un sacrilège en France : le mélange de vin blanc et rouge

Très simple à comprendre : vous prenez du vin blanc, vous y ajouter du vin rouge, le mélange des couleurs fait du vin rosé. La méthode est utilisée dans plusieurs pays, mais encore strictement interdite en France.


Enfin, pas tout à fait interdite, car il existe une région en France qui est autorisée à faire cela, et pas des moindres : la Champagne. Les vignerons champenois sont en effet autorisés à mélanger vin rouge et vin blanc pour obtenir leurs fameux champagnes rosés. Comme quoi, ce n’est peut-être pas tant un sacrilège que ça...


Pour finir, n’oubliez pas que la règle qui vaut pour le vin blanc et le vin rouge vaut aussi pour le rosé : si vous cherchez un bon rosé, nous vous recommandons d’aller en parler à votre caviste. Il sera en mesure de vous aiguiller vers la bonne bouteille selon vos goûts. Elle sera certainement meilleure que la bouteille industrielle que vous achèterez pour 5€ au supermarché (sans parler du sacrilège ultime : le rosé pamplemousse).


Bon barbecue, et buvez bon !


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