• Florian Nunez

Question épineuse : j’amène quoi chez les beaux-parents ?


Belle-maman quand je lui montre la bouteille de vin nature que j’ai apportée


Le contexte :


Nous avons précédemment parlé du verre, des vins de garde, des bulles, des pétillants, de l’achat de vins ou encore de nos émotions lors de dégustation. Bref de technique pour vous donner à réfléchir sur le monde du vin dans toute sa diversité. Mais là point de technique, nous nous attaquons aux émotions possibles engendrées par le vin avant même de l’ouvrir : le plaisir ou la frustration d’offrir et de recevoir !


Et pour ça, quel meilleur angle d’attaque que de l’évoquer dans la situation la plus complexe qui soit : un repas chez les beaux-parents. Derrière le clin d’oeil à nos belles-familles respectives, il est évident qu’avant d’apporter un vin à un repas, chez vous ou chez des invités, il y a quelques écueils à éviter. Ainsi pour éviter les mauvaises surprises, et même mieux, en créer de très belles, on vous livre nos conseils en la matière, fournis et mis à la rude épreuve de l’expérience.


La première question : quel buveur de vin suis-je ?


Eh oui ! Avant même de penser quoi amener, concentrez-vous sur le buveur de vin que vous êtes. Amateur invétéré de vin, amateur curieux, simple amateur de vin ou même indifférent vis-à-vis de ce délicieux breuvage ? Le spectre des profils est tellement large qu’il est amusant de chercher quel type de consommateurs et de consommatrices êtes-vous. Mais pourquoi nous direz-vous ?


Parce que la réponse risque d’engendrer l’énergie et le temps que vous allez mettre à débusquer le vin approprié, que ce soit une perle rare pour l’amateur invétéré ou une bouteille conseillée chez votre caviste préféré pour l’amateur curieux. Muni de votre bouteille, c’est soit le plaisir dingue d’avoir bien choisi ou alors la frustration de s’être trompé qui vous attend. Nous émettons l’hypothèse que c’est proportionnel au temps passé et à l’énergie dépensée.


La deuxième question : quel buveur de vin est mon invité ou mon hôte ?


C’est la même question, cette fois appliquée aux personnes chez qui vous vous rendez ou que vous invitez. Il s’agit de savoir, avant même de penser à la quille, si leur intérêt pour le vin est proportionnel au vôtre, ou complètement différent. Plus que la première question, celle-là est primordiale parce qu’elle implique de faire plaisir à l’autre, préalable indispensable à de grandes émotions dans le vin, nous en sommes persuadés.


C’est l’heure de se creuser la tête, de se souvenir des dernières bouteilles ouvertes ensemble, de ce qu’elles ont créé comme moment, en somme de bien cerner ce que recherchent les personnes concernées dans le vin. Et là, il faut garder en tête que cela peut aller de ne rien attendre du tout à espérer que vous dégotiez une quille de derrière les fagots pour surprendre.


Le spectre est là aussi très large. Mais attention, le plus gros des écueils est ici : il ne tolère pas l’erreur. Emmener un vin “pointu” chez des amateurs de bières, c’est comme apporter le dernier baron de Lestac au plus puriste des amateurs de vins nature : la guillotine émotionnelle assurée ! Et le risque de ne plus être invité chez votre pote puriste :) Alors on fait bien gaffe à cette question, elle est capitale.


La dernière question : quel est le contexte ?


Après avoir réfléchi aux personnes chez qui vous allez ou que vous invitez, il reste un dernier effort : quel est le contexte du repas ? Evidemment, vous n’allez pas emmener la même chose à l’anniversaire d’un pote où la quantité primera sur la qualité et à un dîner chez des amis proches pas vus depuis longtemps. Alors il nous semble important, en tous cas nous le faisons à chaque fois, d’essayer de percevoir l’atmosphère du moment en amont. De là découle le profil du vin que vous souhaitez emmener.


Trois cas pratiques :


1er exemple (cliché, on en convient) : anniversaire du papy de 80 ans amateur de Bordeaux


Toutes les informations sont dans le titre ! Vous allez fêter dignement les 80 ans du papy, un amateur fidèle des vins de Bordeaux. Autant lui faire plaisir par le geste et se cotiser avec les autres petits-enfants pour lui trouver la perle rare. Et dans ce cas, pas de doute possible, vous foncez chez votre caviste trouver une jolie appellation de Bordeaux et un vin qui aura un peu d’âge (Chateau Lagrange 2004 par exemple). Papy appréciera le geste et se délectera du contenu de la bouteille avec toute sa famille autour. Un moment rare sans doute propre à construire un souvenir durable.


2ème exemple : vous allez chez des amis pour qui le vin n’est pas une priorité.


Le maître mot dans ce genre de situation : la consensualité. Pas de risque démesuré à prendre les premières fois, vous apportez dans un premier temps un vin qui peut faire l’unanimité puis au fur et à mesure des moments partagés, vous accompagnez vos potes vers des vins plus identitaires s’ils dévoilent un intérêt. Sinon, restez sur du classique afin que tout le monde puisse se faire plaisir facilement.


3ème exemple : vous allez chez vos beaux-parents (pour faire écho au titre, enfin !), amateurs de leurs domaines trouvés ça et là.


Vous y êtes enfin ! Vous allez chez vos beaux-parents. Ils sont amateurs de vins. Vous savez qu’ils ont l’habitude de se régaler de vins qu’ils ont dénichés eux-mêmes au travers de leur riche expérience, que ce soit dans les salons de vins ou bien au restaurant. Même si l’envie de sortir des sentiers battus est grande, l’important est de leur faire plaisir : vous apportez ce qu’ils aiment avec le même profil quitte à changer de domaine. Mais c’est tout ! Vous ne referez pas le monde par cette bouteille.


Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite et ne saurait engendrer de poursuites sur la prétendue véracité des faits consignés dans cet article :)


Buvez bon et goûter tout (c’est important)

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