Château d’Esclans : histoire, cuvées emblématiques et prix du célèbre rosé de Provence

Parler du Château d’Esclansrosé de Provence du statut de vin de plage à celui de bouteille qu’on sert en gastronomique, sous les nappes blanches et les spots des grandes tables. Entre vieilles vignes de grenache, caves médiévales et influence de grands noms venus du bordelais, ce château a construit un style reconnaissable, largement copié mais ... Lire plus
Maxime Durand
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Parler du Château d’Esclansrosé de Provence du statut de vin de plage à celui de bouteille qu’on sert en gastronomique, sous les nappes blanches et les spots des grandes tables. Entre vieilles vignes de grenache, caves médiévales et influence de grands noms venus du bordelais, ce château a construit un style reconnaissable, largement copié mais rarement égalé. Derrière des cuvées comme Whispering Angel, Rock Angel, Les Clans ou Garrus, il y a une vision assez claire : prouver qu’un vin rosé peut vieillir, s’accorder avec une cuisine ambitieuse et assumer des prix du rosé dignes de certains grands blancs.

Le décor mérite aussi qu’on s’y attarde. Le domaine se niche dans la Vallée d’Esclans, non loin des Gorges de Pennafort, sur des coteaux ventilés où la garrigue, les pins et la pierre claire dessinent un paysage qui colle parfaitement à l’image qu’on se fait d’une production viticole provençale haut de gamme. Sur place, la cave voûtée du XIIIe siècle côtoie un château d’inspiration toscane du XIXe, et dans les vignes, certains grenaches dépassent les 90 ans. Ce mélange d’histoire, de vieilles parcelles et de technologie pointue au chai explique largement pourquoi ces cuvées emblématiques se sont imposées dans le paysage mondial des rosés, de Saint-Tropez à New York.

  • Un domaine historique de la vallée d’Esclans, avec des caves médiévales et un château de style toscan.
  • Une vision forte initiée par Sacha Lichine en 2006 pour créer des rosés de Provence de niveau grand vin.
  • Des cuvées emblématiques comme Whispering Angel, Rock Angel, Les Clans et Garrus, chacune avec une identité précise.
  • Un terroir varié d’argiles, calcaires et graves sablonneuses, planté de grenache, rolle, cinsault, syrah, mourvèdre, tibouren…
  • Une gamme de prix très large, du rosé accessible à la bouteille iconique parmi les plus chères du monde.
  • Des rosés de gastronomie pensés pour la table, avec un vrai potentiel d’accords mets-vins et parfois de garde.

Histoire du Château d’Esclans et renaissance du rosé de Provence haut de gamme

L’histoire du château commence bien avant l’arrivée des rosés instagrammables sur les pontons. Le site est occupé depuis l’Antiquité, quand un poste d’observation surveillait les mouvements dans le golfe de Fréjus. Au Moyen Âge, le Comte de Provence cède le lieu à Gérard de Villeneuve en 1201, et les caves voûtées qui servent encore aujourd’hui de colonne vertébrale au domaine datent de cette époque. Peu de propriétés dans la région peuvent se vanter d’une telle continuité, et cela se sent dans la manière dont le domaine s’inscrit dans le paysage, presque comme un hameau à part entière.

Le château que l’on voit aujourd’hui remonte au XIXe siècle, avec une architecture d’inspiration toscane assez singulière pour la région. Ce n’est pas un détail décoratif : cette allure de villa italienne annonce déjà un parti pris esthétique, une envie de se distinguer du cliché de la bastide provençale. À l’époque, on parle encore de « Terre d’Esclans » et le domaine change plusieurs fois de mains, comme beaucoup de propriétés rurales de la région, ballotées entre héritages, ventes et reconversions agricoles. Le vin existe, bien sûr, mais sans la signature ni l’ambition que l’on connaît aujourd’hui.

Le vrai tournant arrive en 2006, quand Sacha Lichine, qui vient de céder le Château Prieuré-Lichine dans le Médoc, cherche un nouveau terrain de jeu. Il ne veut plus reproduire le modèle bordelais. Son obsession du moment, c’est le rosé. Pas le rosé gadget, mais un rosé de Provence capable d’entrer dans la même conversation que des grands blancs bourguignons ou des bordeaux sérieux. Il visite une trentaine de domaines avant de poser son dévolu sur le vignoble d’Esclans, coincé entre Cannes et Saint-Tropez, mais suffisamment en retrait pour garder de la fraîcheur.

Ce choix, beaucoup l’ont jugé risqué à l’époque. Miser sur un vin rosé ambitieux alors que la plupart des producteurs se contentaient d’un style léger, destiné à être bu dans l’année, tenait presque du pari fou. Pourtant, ce positionnement tranché a servi de déclencheur à toute une catégorie de rosés premium. D’ailleurs, toute personne qui s’intéresse à la fabrication du rosé gagnera à plonger dans les bases du sujet, en commençant par exemple par un décryptage des étapes de fabrication du rosé qui remet les choses à plat.

Lichine ne travaille pas seul. Il s’entoure de Patrick Léon, ancien œnologue de Mouton Rothschild, qui apporte son expérience des grands assemblages et de la gestion du bois. Leur idée est simple : appliquer aux rosés AOP Côtes de Provence les mêmes standards qu’à un grand cru classé. Tri manuel et optique, maîtrise des températures, élevages en fût de chêne calibrés au millimètre. Ce niveau d’exigence, au départ, intrigue autant qu’il dérange. Certains voisins y voient une forme de snobisme, mais les dégustations vont vite remettre tout le monde d’accord.

Autre étape clé dans cette histoire : l’entrée de LVMH au capital à hauteur de 55 % fin 2019. La maison passe alors dans la galaxie Moët Hennessy, aux côtés de champagnes et de domaines déjà mythiques. Là encore, on peut tiquer face au risque de voir le discours se lisser. Dans les faits, cette alliance a surtout donné au château les moyens de ses ambitions à l’export. La marque Whispering Angel, déjà bien installée aux États-Unis, prend une dimension presque culturelle, symbole d’un certain art de vivre estival. Le danger serait de n’en retenir que l’étiquette et la piscine, mais l’ossature historique du domaine reste intacte, et heureusement.

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On peut aimer ou non cette success-story, mais une chose est difficile à contester : sans cette histoire précise, la catégorie des rosés haut de gamme n’aurait probablement pas la même tête aujourd’hui.

Terroir et production viticole du Château d’Esclans dans la Vallée d’Esclans

Pour comprendre pourquoi ces cuvées emblématiques se distinguent, il faut poser le nez sur la carte et les pieds dans les rangs de vigne. Le vignoble du Château d’Esclans couvre près de 267 hectares, dont un peu plus de 70 réellement plantés en vigne, le reste mêlant forêts, oliviers et clairières. Ce ratio surprend certains visiteurs habitués aux propriétés plus intensives, mais il participe à créer des corridors de fraîcheur et une diversité de microclimats qui jouent clairement dans le verre.

Le cœur du domaine se situe sur des coteaux bien exposés, avec des vents réguliers qui sèchent la vigne après les rares pluies d’été. On est sur un climat méditerranéen franc : soleil généreux, précipitations limitées, amplitude thermique modérée grâce à la proximité relative de la mer. La vigne souffre juste ce qu’il faut pour concentrer les baies, sans aller jusqu’aux blocages de maturité que l’on voit parfois plus à l’intérieur des terres. Sur les parcelles les plus élevées, les nuits gardent une part de fraîcheur qui aide à préserver les acidités, un point clef pour tout rosé de Provence digne de ce nom.

Côté sols, on est loin de l’uniformité. Certaines parcelles reposent sur des argiles assez profondes qui offrent de la réserve hydrique, d’autres sur des calcaires plus drainants, d’autres encore sur des graves sablonneuses qui chauffent vite et donnent des raisins plus solaires. Cette mosaïque permet de jouer sur plusieurs tableaux aromatiques et structurels. Un rosé gourmand issu de grenache sur argiles ne racontera pas la même histoire qu’un assemblage plus tendu de rolle et cinsault sur calcaires.

Les cépages justement, parlons-en. Le Château d’Esclans s’appuie d’abord sur le grenache, véritable colonne vertébrale du domaine, avec des vieilles vignes qui flirtent avec les 90 ans pour certaines parcelles destinées aux cuvées de prestige comme Garrus. Autour gravitent le rolle (vermentino), le cinsault, la syrah, le mourvèdre, le tibouren et un peu de merlot. Si tu veux creuser la question des variétés qui fonctionnent bien pour un rosé de qualité, un détour par ce guide sur les cépages à rosé aide vraiment à situer ce que fait Esclans dans un contexte plus large.

Le travail de la vigne se fait avec un objectif clair : vendanger des raisins mûrs mais pas confits, avec des peaux saines, peu marquées par l’oxydation ou les brûlures de soleil. Les vendanges manuelles pour les cuvées de château, et mécaniques nocturnes pour une partie des vins de négoce type Whispering Angel, permettent d’adapter la précision du geste au style de vin recherché. Cette segmentation peut faire grincer quelques dents, mais elle reste logique : on ne traite pas une cuvée iconique comme on gère un rosé d’appel ultra diffusé.

Une fois les raisins dans les chais, la production viticole bascule dans un univers plutôt technologique. Tri manuel, puis tri optique, refroidissement rapide des baies jusqu’à environ 8 °C, pressurage en douceur avec séparation fine des jus. On distingue les jus de goutte, le cœur de presse, les fins de presse, et chaque lot suit un circuit précis entre cuves inox et fûts de chêne. La température de fermentation est maîtrisée, mais on évite les profils trop technos, anesthésiés. L’idée reste de garder un caractère de terroir, pas de fabriquer un soda rose.

Dernier point, souvent sous-estimé : la gestion du bois pour les cuvées élevées en barrique. Ici, pas de surtoilage vanillé. Les demi-muids et barriques sont renouvelés en grande partie chaque année pour garder de la tension et éviter les notes de vieux bois fatigué. C’est un choix coûteux, mais cohérent avec le positionnement haut de gamme. On reste dans la subtilité : un rosé boisé qui écraserait le fruit et le sel de la Provence perdrait immédiatement son intérêt gastronomique.

Ce socle de terroir travaillé avec autant de soin explique pourquoi les vins du domaine arrivent à concilier gourmandise, fraîcheur et profondeur, sans tomber dans le piège du rosé neutre qui accompagne tout et ne raconte plus rien.

Cuvées emblématiques du Château d’Esclans : Whispering Angel, Rock Angel, Les Clans, Garrus

La force du Château d’Esclans, c’est d’avoir construit une gamme lisible, avec des cuvées emblématiques qui jouent chacune un rôle précis. Plutôt que de sortir dix étiquettes indistinctes, le domaine a posé quelques piliers, facilement mémorisables, qui couvrent différents usages, du barbecue chic à la table étoilée. Pour s’y retrouver, un tableau aide à visualiser les grandes lignes.

CuvéeStyleÉlevageMoment idéal
Whispering AngelRosé sec, frais, accessibleCuve inoxApéritif, cuisine estivale simple
Rock AngelRosé plus structuré, aromatiqueInox + part fûtPoissons grillés, volailles rôties
Les ClansRosé de gastronomie, ampleÉlevage prolongé en fûtCuisine créative, sauces crémées
GarrusRosé iconique, intense et complexe100 % fût, vieilles vignesGrand repas, dégustation à l’aveugle

Commençons par Whispering Angel, devenu presque une marque à part entière. Issu de grenache, cinsault et rolle principalement, c’est le rosé signature des Caves d’Esclans, côté négoce. Pressurage direct, jus sélectionnés, fermentation et élevage en inox avec contrôle des températures, le tout pour un profil net, sec, mais avec une texture plus dense que beaucoup de rosés basiques. La couleur est très pâle, sans tomber dans l’incolore, et le nez balance entre petits fruits rouges croquants et agrumes. C’est le vin qui a placé Esclans dans les verres du grand public, pour le meilleur comme pour le pire : beaucoup de copies tentent de singer ce style sans en avoir la précision.

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Juste au-dessus, Rock Angel donne déjà une autre dimension. On reste sur l’AOP Côtes de Provence, mais avec une sélection plus pointue de parcelles et un passage partiel en fût. Résultat : un rosé plus large, avec une bouche satinée, une finale plus persistante et un bouquet qui tirent davantage vers les fruits à noyau, les agrumes mûrs, parfois une petite touche fumée. C’est un vin qui n’a pas peur de la table, sur un poisson grillé à la plancha, une volaille rôtie aux herbes ou même une focaccia maison bien hydratée, du genre de celle décrite dans cette recette de focaccia ultra moelleuse.

Avec Les Clans, on change encore de registre. Ici, la vinification et l’élevage s’approchent davantage de ce que l’on ferait pour un grand blanc structuré. Les jus les plus fins fermentent et séjournent en barriques de chêne, avec bâtonnage maîtrisé, pour gagner en volume, en complexité aromatique, sans perdre la tension. En bouche, on bascule clairement vers un rosé de gastronomie : texture crémeuse, longueur saline, notes de fruits blancs, d’épices douces, parfois une pointe de noisette. C’est le genre de bouteille qui fait lever un sourcil en dégustation à l’aveugle, surtout face à des dégustateurs persuadés qu’ils ont un blanc bourguignon dans le verre.

Enfin, il y a Garrus, souvent cité comme l’un des rosés les plus chers au monde au moment de sa sortie. Élaboré à partir des plus vieilles vignes de grenache du domaine, avec des rendements ridiculement faibles et un élevage complet en demi-muids renouvelés très régulièrement, ce vin assume son statut de tête de gamme. On peut débattre de l’étiquette tarifaire, mais dans le verre, la cohérence est là : matière dense, trame acide tendue, couches aromatiques qui vont des agrumes confits à la pierre à fusil, en passant par des textures presque tanniques. Servi à bonne température, sur un plat signature, c’est typiquement le rosé qui fait taire toute la table quelques secondes.

Là où certains domaines se perdent dans la multiplication de références, Esclans a réussi à imposer quelques noms faciles à retenir, chacun avec un rôle défini. C’est un point souvent sous-estimé, mais essentiel pour aider les amateurs à naviguer dans l’offre sans se noyer.

Prix du rosé au Château d’Esclans : de Whispering Angel à Garrus

Dès que l’on parle des prix du rosé à Esclans, les débats s’enflamment. Certains trouvent aberrant de payer le prix d’un beau bourgogne pour un rosé, d’autres considèrent qu’un grand vin reste un grand vin, quelle que soit sa couleur. La réalité, comme souvent, se situe entre ces deux positions. Il y a d’abord une échelle interne au domaine, qui reste plutôt cohérente : un rosé de grande diffusion comme Whispering Angel ne se positionne pas du tout sur la même marche qu’un Garrus tiré de vieilles vignes et de faibles volumes.

Whispering Angel, largement distribué et produit en volumes importants, se trouve généralement dans une fourchette qui le rend accessible pour un repas de week-end ou une occasion un peu festive. Ce n’est pas un rosé d’entrée de gamme, mais on reste sur un niveau de prix qui permet encore de partager plusieurs bouteilles entre amis sans devoir sortir la calculette. C’est, en quelque sorte, la porte d’entrée dans l’univers Esclans, avec un rapport prix/plaisir plutôt honnête dès lors qu’on le replace dans le contexte des rosés de marque.

Rock Angel grimpe d’un cran. La sélection parcellaire, l’usage du bois, le positionnement plus gastronomique tirent logiquement le tarif vers le haut. Ici, on paie autant la bouteille que la possibilité de la marier à table avec des plats plus construits. Sur une volaille rôtie bien arrosée au jus, ou un poisson noble servi avec un beurre monté aux herbes, ce genre de rosé peut remplacer sans rougir un blanc d’appellation prestigieuse, en apportant une autre lecture aromatique.

Quand on arrive sur Les Clans et surtout sur Garrus, on n’est clairement plus dans le registre du rosé de terrasse. Les coûts de production explosent : vendanges manuelles minutieuses, tri ultra sélectif, élevage prolongé en fût avec renouvellement régulier du parc de barriques. On ne peut pas demander à une bouteille issue de vignes de 90 ans, travaillée comme un grand blanc, d’afficher le même prix qu’un rosé de coopérative. Est-ce que cela veut dire pour autant que tout le monde doit se précipiter dessus ? Non. Ces cuvées s’adressent à des amateurs qui ont envie de comparer, de déguster à l’aveugle, de se faire un avis argumenté sur ce que peut être le sommet de la pyramide des rosés.

Un point trop rarement évoqué, c’est l’usage que l’on fait de ces bouteilles. Ouvrir un Garrus au bord d’une piscine, à 6 °C, en plein après-midi caniculaire, n’a pas beaucoup de sens. En revanche, le servir légèrement rafraîchi, autour de 10–12 °C, dans des verres à blanc sérieux, avec un plat pensé pour lui, en fait une expérience cohérente. Dans ce contexte, le prix se rapproche davantage de celui d’un grand repas où le vin joue son rôle à part entière, plutôt que d’une boisson d’accompagnement vaguement rafraîchissante.

Dernier point pratique : la gestion de ces bouteilles. Beaucoup de rosés de grande diffusion sont pensés pour être bus dans l’année. Chez Esclans, certaines cuvées, notamment Les Clans et Garrus, gagnent à être attendues deux ou trois ans, voire un peu plus sur les grands millésimes. Là aussi, on se rapproche d’une logique de grand vin. Pour ceux qui aiment faire vieillir quelques flacons, des solutions de cave en ligne comme celles analysées dans ce retour d’expérience sur Cavissima peuvent d’ailleurs aider à gérer ces bouteilles sans forcément disposer d’une cave enterrée chez soi.

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On peut discuter longtemps de l’étiquette tarifaire de chaque cuvée, mais l’essentiel reste de savoir ce que l’on cherche : un rosé de plaisir immédiat, un compagnon de table sérieux, ou une bouteille presque manifestes, pensée pour bousculer les repères.

Dégustation de vin rosé d’Esclans et accords mets-vins inspirés de la cuisine de Provence

Passons aux choses concrètes : comment aborder la dégustation de vin au Château d’Esclans, et surtout, avec quoi servir ces bouteilles pour les faire briller. On ne goûte pas un Whispering Angel et un Garrus de la même manière, mais quelques principes simples permettent d’éviter les faux pas. D’abord, la température. La tentation de refroidir un rosé jusqu’à l’anesthésie est forte, surtout l’été. Pour un rosé travaillé comme un grand vin, c’est le meilleur moyen de gommer la complexité. Sur la gamme Esclans, rester autour de 8–10 °C pour Whispering et Rock Angel, et plutôt 10–12 °C pour Les Clans et Garrus, offre un bon point de départ.

Ensuite, le verre. On oublie les petits verres ballon ou les flûtes trop étroites. Un verre à vin blanc, tulipé, suffisamment large pour laisser le nez se déployer, change tout. L’œil repère d’abord la robe, toujours assez pâle, mais avec des nuances subtiles selon la cuvée : rose très clair pour Whispering Angel, teinte légèrement plus soutenue et saumonée sur Rock Angel, reflets presque dorés pour Les Clans et Garrus après quelques années de bouteille. Ce n’est pas seulement esthétique, ces nuances racontent la méthode de vinification et l’élevage.

Côté nez et bouche, chaque cuvée appelle des accords différents :

  • Whispering Angel aime la simplicité bien faite : salades de tomates anciennes, ceviches légers, planches de légumes grillés, poissons à la vapeur avec un filet d’huile d’olive de caractère.
  • Rock Angel supporte davantage de relief : poulpe grillé, dorade poêlée avec une peau bien croustillante, volailles marinées aux herbes, plats mêlant agrumes et épices douces.
  • Les Clans peut accompagner une cuisine crémeuse : risottos de la mer, volailles en sauce, recettes à base de champignons ou de truffe de saison.
  • Garrus demande carrément un plat signature : cuisine de homard ou de langoustine, pièces de veau rosé, cuisine végétale sophistiquée avec jus concentrés et légumes rôtis lentement.

Pour ceux qui aiment jouer avec les classiques, travailler un mariage entre ces rosés structurés et une salade de chèvre chaud revue en mode gastronomique peut donner quelque chose de très intéressant. L’idée est de sortir des sentiers battus en gardant des repères : pain grillé, fromages affinés, amertume contrôlée des jeunes pousses. De quoi s’amuser, surtout si l’on part d’une base comme la salade revisitée présentée ici : une version moderne du chèvre chaud.

Autre piste à explorer : le poisson poêlé, surtout si la cuisson est vraiment soignée, côté peau croustillant, chair nacrée, jus court bien réduit autour. Sur un plat de ce type, un Rock Angel servi à bonne température peut faire des merveilles, en tirant le plat vers plus de fraîcheur sans écraser le goût du poisson. Ceux qui ne sont pas à l’aise avec les cuissons de poisson gagneront à jeter un œil à un guide dédié pour progresser, comme sur la cuisson de la dorade à la poêle, histoire de ne pas sacrifier une belle bouteille sur un filet sec ou surcuit.

Reste la question de la quantité. Sur des vins à ce niveau de précision, mieux vaut boire un verre attentif que plusieurs en mode automatique. Garder la deuxième moitié de la bouteille au frais, voire en garder pour le lendemain si elle a été bien rebouchée et réfrigérée, permet souvent de voir le vin évoluer. Certains rosés d’Esclans, notamment Les Clans, se goûtent d’ailleurs parfois mieux le lendemain, quand l’oxygène a assoupli la structure.

Au final, traiter ces rosés comme de « vrais » vins, avec le même respect que pour un grand blanc ou un rouge charpenté, change totalement l’expérience. Une fois qu’on a goûté un Garrus servi comme il faut sur un plat de haut niveau, difficile de revenir à l’idée qu’un rosé serait forcément un vin de soif sans profondeur.

Quel est le style général des rosés du Château d’Esclans ?

Les rosés du Château d’Esclans partagent une trame commune de fraîcheur, de finesse et de texture. Même Whispering Angel, le plus accessible, reste sec, structuré, avec une vraie présence en bouche. Plus on monte en gamme, plus la complexité aromatique, la densité et les touches d’élevage en fût apparaissent, jusqu’à des cuvées comme Les Clans ou Garrus qui se dégustent comme de grands blancs de gastronomie.

Les rosés du Château d’Esclans peuvent-ils vieillir quelques années ?

Contrairement à beaucoup de rosés de consommation immédiate, certaines cuvées d’Esclans supportent bien le temps. Whispering Angel et Rock Angel se boivent idéalement dans les deux ans, pour garder leur éclat. Les Clans et surtout Garrus gagnent souvent en complexité après deux à quatre ans de cave, avec des notes plus épicées et une texture encore mieux intégrée. L’essentiel reste de les conserver à température stable, à l’abri de la lumière.

Pourquoi Garrus est-il souvent présenté comme l’un des rosés les plus chers du monde ?

Le prix de Garrus reflète à la fois des coûts de production élevés et un positionnement assumé. Vieilles vignes de grenache de plus de 80 à 90 ans, rendements très faibles, vendanges manuelles méticuleuses, tri poussé, élevage complet en bois avec un parc de barriques régulièrement renouvelé : tout cela pèse sur le coût final. Le vin vise clairement la catégorie des grands vins de gastronomie, et non celle des rosés de soif.

Les cuvées d’Esclans sont-elles toutes issues des vignes du château ?

Non. Il faut distinguer les cuvées issues du vignoble du château, vendangées principalement à la main, de certaines cuvées de négoce comme Whispering Angel, élaborées à partir d’un assemblage de raisins et de vins provenant de vignobles partenaires dans la région. Le savoir-faire de vinification et d’assemblage reste piloté par les équipes d’Esclans, ce qui assure une cohérence de style dans toute la gamme.

Avec quels types de plats servir un rosé de Provence du Château d’Esclans ?

Whispering Angel accompagne très bien les apéritifs, les légumes grillés, les salades composées et les poissons simples. Rock Angel se marie avec des poissons grillés, des volailles rôties, des cuisines méditerranéennes relevées. Les Clans et Garrus se prêtent à une cuisine plus gastronomique : crustacés nobles, volailles en sauce, cuisine végétale sophistiquée, plats crémés ou truffés. L’idée est de les traiter comme des grands blancs, en évitant les sauces trop sucrées ou les épices agressives.

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